L’UNITÉ QUI FAIT LA FARCE

Bonjour.

Je m’appelle Maldo Minan. MM pour les intimes.

J’étais chef suprême de ma confrérie. J’étais son idole, sa force, son guide, sa protection, sa sagesse, son inspiration et son âme. Nous étions tous unis comme les doigts de la main. Tous pour un et un pour tous. Bref, tout allait pour le meilleur des mondes possibles.

Mais vint le jour où tout a basculé pour tous. Personne ne soupçonnait la gravité de notre vulnérabilité. Ce jour-là, je compris trop tard hélas, qu’il n’y a pas une force qui n’a pas son tendon d’Achille. C’est l’histoire qui peut vous arriver et c’est la triste histoire que je vais vous raconter. Écoutez.

LE RETOUR A LA MAISON

Après un court séjour qui nous avait conduire sur le continent. Après un de très agréables moments que nous avons consacrés à manger et à boire à volonté, nous avons décidé de rentrer chez nous.

Nous habitions une ile non loin de la Grèce antique. Nous devions naturellement rentrer en bateau.

En ces temps lointains, les bateaux ne ressemblaient guère à vos bateaux d’aujourd’hui. Notre moteur c’était des esclaves qui souquaient ferme sous l’impulsion du fouet dans la cale juste sous le pont. Ce qui voulait dire qu’il n’y avait pas de place pour toute la confrérie déjà dans le seul et même compartiment qui nous accueillait.

COMPLICATIONS

Résultat immédiat, une voix s’élève pour contester. Ce fut un homme riche comme Crésus qui estimait qu’il était dommageable qu’un homme comme lui soit durement bousculé par les membres de notre confrérie. Les choses se corsèrent et j’ai décidé de lui envoyer notre négociateur pour parlementer avec lui.

LES NÉGOCIATIONS…

… durèrent pour trouver finalement une alternative qui satisfassent tout le monde : vu mon rang et celui de l’homme riche, nous devions nous isoler séparément du groupe pendant juste la croisière.

Sage décision, tout le monde se plie à la règle et l’accrochage fut définitivement écarté.

SOLUTION ULTIME

Une fois bien installé, le bateau appareilla vers le grand large. Un retour de sablier plus tard, mon compagnon me prit par le dos et très fort comme il était, il me jeta à la mer.

Bonne nouvelle, avec la chaleur qu’il faisait, le moment était bien choisi pour se rafraîchir dans les bonnes eaux de la mer Égée.

Mais mauvaise nouvelle, je ne savais pas nager. J’étais bon pour boire la tasse. Beaucoup de tasses. Trop de tasses jusqu’à ce que je me sois bien abreuvé. Mais abreuvé de chez abreuvé ! Ce fut l’erreur de celui qui croit trop en ses capacités.

Et deuxième mauvaise nouvelle, le malheureux groupe qui a perdu la tête, moi, et qui croyait aveuglement en mon infini charisme, sans réfléchir une seconde, il a suivi le chef, toujours moi.

Avec la chaleur qu’il faisait, le moment était bien choisi pour se rafraîchir dans les bonnes eaux de la mer Égée. Mais ils ne savaient pas nager, non plus.

Jamais une extinction de l’espèce ne fut aussi rapide. Malgré la salinité » des eaux, les membres de la confrérie n’ont pas  arrêté d’en boire. Ça n’était malheureusement pas suffisant pour assécher la mer. Ils ont rejoint le chef : dans le ventre des millions de mignons poissons d’où je vous raconte l’histoire de notre fin tragique.

MORALITÉ

Je m’appelle Mou Tonnoir le non-conformiste, le souffre-douleur et « bouc émissaire » du groupe. J’étais toujours marginalisé par la confrérie parce que je contestais souvent l’autorité de Maldo Minan. Il n’était pas le mal dominant que l’on croyait parce que justement, il dominait mal. C’est à cause donc de lui qu’ils sont tous morts.

Mon conseil pour vous,

Rejoignez-moi. Soyez comme moi. Soyez vous-même.

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Toute ressemblance de près ou de loin avec des personnes existantes ou ayant existé comme Panurge est purement fortuite

Said Chakri

 

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